La pirogue monoxyle

Une pirogue monoxyle (‘mono’=un seul, ‘xyle’=bois) est une embarcation longue et étroite taillée dans un seul tronc d’arbre, évidé et façonné pour flotter et qui servait au transport, à la pêche ou pour se déplacer. Certaines datent du moyenne âge et les plus anciennes remontent à la préhistoire.

Une pirogue de ce type a été découverte dans l’Ognon sur la commune de Buthiers au niveau de l’ancienne sablière. Elle est actuellement stockée au Musée des Beaux-Arts à Besançon.

Une pirogue similaire, mais en moins bon état, a été trouvée en amont de l’Ognon, à Moncey. Elle a été datée au carbone 14 à en environ 1340 +- 90 après J-C. Celle de Buthiers pourrait remonter à la préhistoire.

 

 

Le caisson central limité par les renforts transversaux de la pirogue de Buthiers-et-Avouay (Haute-Saône)
Le caisson central limité par les renforts transversaux de la pirogue de Buthiers-et-Avouay (Haute-Saône)
Détail de l'un des renforts transversaux de la pirogue de Buthiers-et-Avouay
Détail de l’un des renforts transversaux de la pirogue de Buthiers-et-Avouay
Carte de répartition des pirogues découvertes en Franche-Comté
Carte de répartition des pirogues découvertes en Franche-Comté
Comparaison de la pirogue de Buthiers avec celle de Moncey

 

Voir aussi :

La pirogue monoxyle de Moncey (Doubs)

 Extrait :

[A elle seule la Franche-Comté compte environ un dixième des pirogues monoxyles découvertes dans toute la France. Malheureusement, la plupart d’entre elles, mises au jour au siècle dernier ou au début de ce siècle, n’ont pas été conservées, ou seulement à l’état fragmentaire. Seules, une des pirogues trouvées à Châlain (Musée de Lons-le-Saunier) et celle de Buthiers-et-Avouay (Haute-Saône), déposée au Musée des Beaux-Arts à Besançon fournissent des éléments de comparaison valable en raison de leur exceptionnel état de conservation, malgré l’absence de tout traitement spécifique.

La pirogue de Châlain, avec sa section de tronc évidé en auge, n’a guère de similitude avec celle de Moncey, tandis que l’embarcation découverte à Buthiers, dans l’Ognon, à quelques kilomètres en aval de Moncey, montre des analogies appréciables. La publication ancienne rattache cette dernière pirogue, qualifiée de primitive, à la période gauloise ou à la préhistoire. Mais laissons l’auteur la décrire: «… les bandes mesurent de 0,35 à 0,40 de hauteur vers le milieu, à partir duquel le fond tend sensiblement à se relever. A l’intérieur se dresse une paire de deux renforcements transversaux et parallèles fort bien coupés dans le massif et affleurant le bord du bandage. Ces sortes de cloisons de 0,12 à 0,16 d’épaisseur et même de 0,20 à 0,25 à leur base, ménagent entre elles un intervalle de 0,68 (0,61 au fond). En outre de l’intérêt que comporte la complète conservation des deux renforcements centraux, les archéologues examineront encore avec plus de satisfaction le massif plein réservé, à l’arrière sur la longueur horizontale d’une plate-forme de 0,56, massif qui se continue en plan incliné, dans l’intérieur aussi bien qu’en dessous pour former le bec, celui-ci d’abord mince de 0,04 dans sa tranche extrême se trouve ainsi renforcé pour équilibrer la pièce. On remarque au bord de l’arête du bec deux trous ronds où une petite corde nouée court devait servir à retenir la godille, simple aviron, pour diriger ou faire avancer l’embarcation. Un peu en arrière, deux autres trous plus petits sont encore garnis de restes de chevilles. Les vrais trous d’amarrage sont percés obliquement dans l’angle latéral du massif de la plate-forme.

Dans son état actuel, l’épave mesure une longueur de 5,90. Pour être bien équilibrée, en raison du poids supérieur de l’arrière, la pirogue complète pouvait atteindre 7 mètres. Tout en ménageant au fond de la pirogue une épaisseur suffisante de 0,07 à 0,08 aussi bien pour la solidité que pour résister aux risques de versement, auquel sont sujettes les barques à fond plat et bandages verticaux, le constructeur a cherché à alléger ceux-ci, qui vers les bords n’ont parfois plus qu’un centimètre d’épaisseur…»
Ainsi, outre la proximité géographique de leur découverte, les similitudes entre les embarca- tions de Moncey et de Buthiers sont-elles à mettre en évidence:
La présence de chevilles est à remarquer, mais sur la barque de Buthiers les emplacements de ces dernières (aujourd’hui les chevilles ont disparu) sont situés sur le « bec », où l’on notera également la présence d’une surépaisseur transversale de 0,20 m de large, peut-être destinée à renforcer une faiblesse du bois à cet endroit.
Les deux embarcations sont à fond plat relevé aux extrémités ; sur la barque de Buthiers, l’extrémité conservée présente une levée beaucoup plus abrupte que celle de Moncey, et qui représente un dixième de la longueur actuelle de l’épave (0,60 m).
Un caisson central est également limité par deux membrures transversales taillées dans la bille de chêne d’origine, mais les dimensions de celui de Buthiers sont plus imposantes que sur la pirogue de Moncey.]

[article]